Françoise Zannier - Docteur en Psychologie - Psychologue Psychothérapeute Coach Superviseur - Paris 12 - Gare de Lyon - Tél. 09 81 62 89 40 - contact@psychologue--paris.fr

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Eloge de la confrontation

"Toute relation authentique implique des confrontations.
Les gérer rationnellement est un enjeu majeur de la prévention des conflits, de l'affirmation de soi et du mieux-vivre ensemble"



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Contrairement à une croyance assez répandue, confrontation et conflit ne sont pas synonymes en psychologie, ce qu'il conviendrait d'avoir à  l'esprit dans de nombreuses situations.
Un écueil vient ainsi du fait que le sens de ce mot est source de confusion, du fait de sa polysémie et de son interprétation, qui varie suivant les interlocuteurs.

La clinique montre notamment que pour de nombreuses personnes, une confrontation ne peut que dégénérer en conflit, ceci alors qu'en principe, il n'en est rien.
Selon cet apriori, toute confrontation est appréhendée comme une étape, une introduction vers un différend dommageable, c'est pourquoi beaucoup se réfugient souvent dans le refus ou l'évitement.
Dans ces cas, lorsqu'une confrontation est inévitable, un conflit apparait d'autant plus facilement que la croyance sous-jacente fonctionne comme une prédiction autoréalisante, les personnes en question n'étant pas préparées à gérer rationnellement ce genre d'interaction.

En tout état de cause, si l'évitement des confrontations est parfois utile, il a souvent aussi comme corolaire, d'occulter la nécessité d'une compréhension appropriée de leurs enjeux, voire d'un travail sur soi qui permettrait d'accueillir, accepter et gérer au mieux les différences de points de vue et d'opinions, susceptibles de s'exprimer dans de nombreux échanges.

En effet, le préjugé en question fonctionne comme un principe de précaution, empêchant des échanges qui pourraient s'avérer fructueux s'ils étaient envisagés autrement.
Or en réalité, les confrontations sont indispensables à la recherche d'accord(s), compromis ou consensus, de même qu'à l'évolution des idées personnelles et collectives.
Plus encore, elles sont l'essence des relations humaines et contribuent à l'équilibre psychologique de chacun(e) et de tous.
C'est pourquoi il est souvent irrationnel, improductif voire pathogène, de les refuser, les éviter ou les fuir systématiquement, comme on l'observe parfois chez certaines personnes.

L'évitement des confrontations revient en fait souvent à pratiquer une politique de l'autruche aggravant les situations, et générant des problèmes dans les registres de l'inhibition, de la réaction ou du retour du refoulé - toutes choses présentant des risques de conflits potentiels ou réels, mais encore de décompensations et de passages à l'acte.
C'est dire que des conflits couverts ne valent souvent pas mieux que des conflits ouverts, les silences, non-dits et autres faux-semblants s'avérant fréquemment tout aussi nuisibles pour les relations, voire pires, même si sur le moment, ils peuvent paraitre préférables.

En d'autres termes, paradoxalement, si tout le monde reconnait que la lumière jaillit de la discussion - ceci supposant des confrontations - il n'en demeure pas moins qu'en pratique, tout se passe souvent comme si il n'en était rien, alors même que l'évitement et le refus de celles-ci présentent souvent plus de risques que leur acceptation.

Ce genre de problématique est fréquemment lié à un impératif de positiver, tout aussi contraignant qu'aliénant dans la mesure où le négatif est nécessaire, pour ne pas dire constitutif de tout système de pensée, ce qui est souvent méconnu ou oublié.
En effet, le positif n'a de sens que par rapport au négatif. Il suffit pour s'en convaincre, d'observer que le langage est constitué de couples ou de paires de concepts opposés, ceci reflétant parfaitement la dualité des réalités.
C'est pourquoi toute velléité d'abolir le négatif ou de le nier, n'a à proprement parler aucun sens.
C'est aussi pourquoi chez les Anciens, la Dialectique était considérée comme la reine des sciences, celle-ci permettant de dépasser les hypothèses et de remonter aux principes des choses, en les abordant contradictoirement.

Au lieu de le nier ou de vouloir l'abolir, il s'agit donc plutôt de "faire avec" le négatif, en commençant par le voir, l'accepter et l'intégrer dans nos comportements et nos échanges, ceci relevant d'une toute autre démarche.
Très loin donc du refus voire de la condamnation des confrontations, au motif qu'il faudrait toujours "positiver", "prendre les choses du bon côté", "être consensuel(le)" ou tout autre poncif de ce genre, c'est plutôt une philosophie qu'il s'agit de développer - un art d'être supposant réalisme et modestie, reconnaissance et respect de l'Autre, c'est-à-dire du négatif en l'occurrence.
A contrario, il faudrait rejeter les velléités de toute-puissance s'exprimant parfois sous les formes les plus inattendues, comme précisément celle consistant à vouloir voir les choses uniquement de manière positive. La croyance sous-jacente à ce postulat relève en effet d'une grande naïveté et de la toute-puissance infantile, pour le dire brièvement.

En d'autres termes, "la grande mode actuelle" invitant à positiver inconditionnellement, en laissant croire que c'est toujours possible et que c'est la clé de tous les problèmes, n'est pas étrangère à l'évitement ou au refus, et finalement à l'incapacité d'avoir des confrontations saines et sereines, tels qu'on les rencontre souvent.
Cet impératif de positiver est d'autant plus pernicieux qu'il flatte nos tendances innées à rechercher le plaisir et à éviter le déplaisir, alors que le principe de réalité exige au contraire, la prise en compte de cette dernière.
Par conséquent, même s'il parait aller de soi et devoir s'imposer, cet impératif ne devrait en aucun cas aboutir aux dénis de réalité et aux phénomènes d'occultation qu'on observe parfois, mais au contraire être utilisé à bon escient.
Autrement dit, laisser croire en particulier que tout n'est toujours qu'une "question d'optique" - de verre à moitié vide vs à moitié plein (sic) - revient de ce point de vue à flatter inconsidérément nos instincts primaires - d'où l'engouement fréquent pour "cette mode" - mais n'aide pas à faire face aux les réalités qui elles, sont autrement plus complexes, c'est-à-dire contrastées et dialectiques.
A l'extrême en effet, ce genre de croyance revient à nier la réalité des passions et des souffrances humaines, en les faisant passer pour illusoires, pour de pures " vues de l'esprit" sans fondements réels et concrets, ceci envers et contre toute réalité. C'est pourquoi "la mode" en question fait souvent figure d' imposture.

Dans ce même ordre d'idées, une autre illusion réside dans la croyance inconditionnelle en des solutions de type gagnant-gagnant.
En effet, si de telles solutions sont parfois possibles, c'est loin d'être toujours le cas du fait de l'existence d'intérêts opposés, voire contradictoires, ce qu'on ne saurait ignorer, nier ou occulter.
A cet égard, l'entreprise est un terrain privilégié d'observation, car les intérêts des acteurs ne sont pas toujours ou en tous points communs, comme beaucoup d'exemples le montrent.
En outre, les acteurs en question n'ont pas toujours que des bonnes intentions, ceci ayant de nombreuses conséquences à tous les niveaux des organisations et des rapports de travail.
La clinique montre notamment que les pathologies liées à l'activité professionnelle sont fréquentes et diverses (stress, harcèlement, épuisement, suicides, etc...).
Elle montre également que les individus au travail ne sont pas différents de ce qu'ils sont ailleurs (voir à ce sujet notre conception de l' individu au travail).
Autrement dit, les personnes atteintes de pathologies psychiques (névrosés, pervers narcissiques, etc...) apportent au travail leurs problématiques, ceci ayant de nombreuses incidences sur le plan de l'activité et des relations professionnelles.
Il y a là quelques-unes des raisons pour lesquelles l'évitement des confrontations est assez fréquent en entreprise, les rapports de forces et l'importance des enjeux de travail ayant souvent raison de toute autre considération.
Or en fait, plus les enjeux sont importants, plus la nécessité de formations (coachings, etc...) et/ou d'orientation vers des dispositifs thérapeutiques, devrait s'imposer le cas échéant.

Le monde du travail est le lieu où se croisent de nombreuses difficultés liées tantôt aux personnalités des acteurs, tantôt à l'organisation des rapports de travail, tantôt à celle de la société dans son ensemble (lois et règlementations), toutes choses que que des formations (coachings, etc...) n'ont pas nécessairement vocation à transformer, mais qu'elles peuvent faire évoluer grâce à   l'évolution des mentalités qu'elles rendent possible.
De fait cependant, on a affaire à des problématiques relevant de niveaux logiques différents, qu'il est important de discerner et de faire discerner.

Ainsi, parmi les autres causes possibles de l'évitement des confrontations, du refus et de l'incapacité à les gérer, on rencontre des personnes ayant derrière elles des années d'effacement obligé ou de difficultés insurmontables vis à vis de parents autoritaires et dominateurs, voire possessifs et étouffants.
En d'autres termes, la famille originelle est un autre champ privilégié d'observation, car les enfants y sont formés par leur histoire personnelle et leur éducation, à établir leurs relations avec eux-mêmes, autrui et le monde extérieur, dans de plus ou moins bonnes ou mauvaises conditions.

A cet égard, de nombreux parents ont pour règle de refuser toute confrontation authentique avec leurs enfants (petits ou grands), et ce faisant, de les empêcher, voire de leur interdire de développer leur autonomie de pensée et d'agir, de même que leur esprit critique.
Au lieu de cela, suivant des logiques du type "papa (ou maman) a forcément raison" (sic), ils n'ont cesse de vouloir imposer leurs volontés, ceci durant parfois jusqu'à un âge avancé de leurs enfants, voire pendant toute leur vie.
De nombreux parents ignorent ainsi manifestement que le but de l'éducation est de former des adultes autonomes, libres et responsables, les enfants n'ayant pas vocation à   demeurer toute leur vie en état de dépendance.
Dans ces conditions, il est d'ailleurs fréquent que d'autres figures d'autorité prennent le relais le moment venu, tel un(e) ami(e), un(e) mari (épouse), un(e) supérieur(e) hiérarchique, un(e) gourou.
Les parents en question "fabriquent" ainsi tantôt des individus passifs-dépendants susceptibles de se retrouver sous l'emprise d'un tiers, tantôt des délinquants, pervers ou psychopathes passant leur vie à   régler les comptes de leur histoire personnelle au détriment des autres, ceci sur le mode de la vengeance ou de la haine transposées sur la société dans son ensemble, les proches, ami(e)s et collègues notamment, faisant régulièrement les frais de ces problématiques.

En tout état de cause, même lorsque la différence entre confrontation et conflit est perçue intellectuellement, de nombreuses personnes se comportent dans les faits comme si ce n'était pas le cas. On observe ainsi des contradictions patentes entre ce qui est dit (ou conceptualisé) et ce qui est fait.
Tout cela renvoie à la complexité de la conscience et de l' inconscient.
Une idée conçue clairement et acceptée intellectuellement, n'est ainsi pas nécessairement intégrée au niveau des conduites. Il existe de nombreux paradoxes, une affirmation consciente pouvant correspondre à une négation inconsciente, comme on vient de l'évoquer.
C'est aussi pourquoi il faudrait toujours s'interdire tout simplisme en psychologie, la conscience et le moi en particulier, ne représentant qu'une partie du psychisme.

De fait, si de nombreuses personnes préfèrent souvent se taire plutôt qu'exprimer leur opinion, par crainte d'un conflit perçu comme l'issue fatale de toute confrontation, cela ne règle rien sur le fond aux problèmes en cause, qui sont au contraire souvent pérennisés voire aggravés.
En effet, de nombreux problèmes ou difficultés se résolvent rarement spontanément, et beaucoup deviennent au contraire insolubles lorsqu'ils ne sont pas traités suffisamment tôt.
Il en va de même lorsque voulant éviter toute confrontation, certaines personnes s'expriment de manière détournée, sans aborder directement un sujet, par crainte de contrarier ou d'affronter leurs interlocuteurs.
Or si l'intention est parfois compréhensible, le résultat ne suit pas car on a alors souvent des monologues juxtaposés, signant une absence de dialogue.

Ces façons de procéder bien que fort répandues, laissent les problèmes et questions de fond intacts, a fortiori quand il y a une volonté délibérée de noyer le poisson, en espérant ou non un changement spontané, aussi hypothétique qu'hasardeux.
C'est pourquoi en réalité bien souvent, pas plus que d'un conflit on ne peut faire l'économie d'une confrontation si l'on veut trouver des solutions réelles à des problèmes réels, et non pas passer à côté de ce qu'il y aurait à comprendre et à résoudre.

Comme on l'a évoqué, l'histoire et les expériences personnelles de chacun(e), outre les contraintes et rapports de forces réels ou supposés, sont régulièrement en cause dans ces situations. C'est pourquoi suivant les problématiques à traiter, des interventions thérapeutiques peuvent être mises en oeuvre ou bien des formations.
L'importance d'un travail sur soi ou d'une formation tient au fait que les attitudes citées aboutissent invariablement à un déficit de communication, en même temps qu'à une accumulation de malentendus, non-dits et frustrations, toutes choses pouvant mener à des acting-out et à   diverses formes de rupture de liens, voire à   des problèmes psychopathologiques, comme on l'a dit.

L'évitement systématique des confrontations par crainte des conflits est ainsi souvent une pseudo-solution amenant d'autres problèmes. On connait notamment le mécanisme dit de "la cocotte-minute", dans lequel l' inhibition régulière des réponses alterne avec des bouffées d'agressivité et des passages à l'acte compensant celle-ci de manière récurrente.
Ces passages à l'acte sont la rançon des comportements inadaptés en question. Ils peuvent prendre la forme d' actes manqués et/ou s'accompagner de somatisations diverses elles aussi.
Une question importante est donc de déterminer comment ne pas s'enfermer dans ce genre d'impasse où la politique de l'autruche alterne avec des modes de communication inadaptés, quand il ne s'agit pas de comportements nocifs ou destructeurs.

A tous les précédents égards, il parait important de rétablir la confrontation dans ses lettres de noblesse, c'est-à-dire notamment les oppositions et contradictions la constituant.
Au lieu de l'approbation inconditionnelle recherchée par beaucoup, ou des faux-semblants s'installant dans de nombreuses situations, il vaudrait souvent mieux en effet des explications dans lesquelles chacun(e) tiendrait mieux son rôle, en s'affirmant de manière plus authentique et respectueuse de soi et d'autrui.
Sans vouloir dire que les confrontations règlent tout, il est sûr néanmoins qu'elles sont souvent indispensables, les conduites d'évitement renforçant les problèmes et les incompréhensions, beaucoup plus fréquemment qu'elle n'aident à les résoudre.

De ce fait, au niveau social, on assiste notamment à des repliements en groupes d'amis ou d'alliés, où n'échangent que des gens d'accord entre eux ou ayant des points de vue favorables les uns aux autres, ou n'osant pas dire clairement ce qu'ils pensent, ce qui appauvrit considérablement les échanges et la portée de ceux-ci.
Il y a notamment des groupes où l'effacement au profit des leaders prédomine, reproduisant en interne les censures inter-groupales.
Ce qui est méconnu ou sous-estimé dans ces conditions, c'est que ce ne sont pas nos points communs mais au contraire nos différences qui nous enrichissent.
Savoir écouter l'autre et ne pas le juger - on évalue des actes et non pas des personnes - tout en étant capable d'exposer un point de vue différent, y compris critique le cas échéant, prend ici tout son sens et sa valeur.

Une confrontation ne devrait jamais être autre chose que la mise en perspective de points de vue différents, ce qui est banal en soi puisque nous sommes tous différents, ceci signifiant qu'il est normal d'avoir des opinions et points de vue différents.
Précisons aussi que même lorsqu'il y a des consensus - ceux-ci étant toujours relatifs et limités - une idée nouvelle ou différente devrait toujours trouver un accueil et une écoute, ce qui est souvent loin d'être le cas. De très nombreuses personnes en effet, ne savent pas ou plus écouter l'autre, ceci étant une forme parmi d'autres de refus des confrontations ou d'incapacité à en avoir.
Or les questions de désir et de pouvoir se jouant dans les relations, ne sauraient se régler valablement de cette façon.

Plus généralement, l'histoire du savoir et des idées ne saurait progresser valablement sans échanges donc sans confrontations, comparaisons et évaluations.
C'est un principe fondamental des sciences mais encore de la démocratie - i.e. de la liberté d'opinion et d'expression - de laisser ouverts au débat les sujets importants, mais paradoxalement, ce n'est pas pour autant le cas dans de nombreux groupes restreints comme le couple, la famille, les réseaux sociaux (réels et virtuels), l'école ou l'entreprise, comme on vient de le voir.

Faire vivre l'esprit et la lettre démocratiques dans les groupes sociaux est par conséquent une gageure essentielle, car l'histoire montre que la démocratie est le meilleur modèle social possible - celle-ci représentant une valeur universelle qui n'est ni complètement ni définitivement acquise, mais qu'il s'agit de faire progresser.
En d'autres termes, à moins de s'isoler dans une tour d'ivoire et/ou de fonctionner en vase clos, avec tous les inconvénients que cela engendre, il n'y a en réalité pas vraiment d'autre choix que de se frotter aux autres, sauf à devoir supporter les conséquences fâcheuses qu'on a vues, entre autres, que ce soit au niveau macro ou microsocial.

Soulignons ici qu'un enjeu important dans une confrontation est de rester factuel, c.-à-d. d'évaluer des propos ou des faits, et non pas des personnes.
En contrepartie, cela suppose que les personnes concernées ne prennent pas pour elles ce qui concerne leurs prestations, propos ou actions, à un moment donné, ou en tout cas la manière dont ceux-ci sont perçus. C'est une des raisons pour lesquelles une confrontation efficace et utile nécessite que les interlocuteurs soient formés à cet art, afin d'être à la bonne distance et de gagner en objectivité.
A cet égard, un travail sur soi ou une formation adéquate permettent souvent d'éviter des difficultés, car lorsqu'une confrontation dégénère en conflit, c'est en grande partie parce que les protagonistes ne sont pas préparés ou formés à en avoir dans de bonnes conditions, comme on l'a évoqué.
On a alors affaire à des interprétations déformantes, projections et débordements émotionnels sans rapport réel avec l'objet de discussion, le dialogue dégénérant d'autant plus facilement en querelle que les émotions violentes ont un haut degré de contagiosité.
Tout ceci pour dire également que l'acceptation des différences implique l'acceptation des désaccords, autrement dit de la négativité inhérente à tout discours, comme à toute discussion. "Le négatif est cette logique de l'ombre qui réclame son dû, là où le positif voudrait accaparer toute la visibilité du psychisme" (A. Green).
Il est ainsi des réalités incontournables dont aucun refoulement ou déni ne sauraient venir à bout par leurs vertus imaginaires ou supposées.

Pour finir, il convient de préciser certaines limites existant en matière de confrontation.

Une première limite tient au fait des décisions à prendre, car si en théorie plusieurs versions des choses sont toujours concevables, en pratique il en va autrement.
Très souvent en effet, il ne peut y avoir qu'une seule décision. C'est pourquoi théorie et pratique présentent de grandes différences, malgré leurs complémentarités.
C'est aussi pourquoi certaines difficultés sont inévitables, aucune théorie ne pouvant régler ce problème fondamental et d'autant plus crucial que l'intellect penche du côté où sont ses intérêts (K. Horney).
C'est aussi pourquoi, bien souvent, il ne suffit pas d'avoir des idées bonnes ou justes, pour pouvoir les mettre en oeuvre. La raison humaine n'est pas un centre purement rationnel, dégagé des passions et des conflits d'intérêts, sans quoi nous ne serions pas confrontés à la bigarrure du monde, telle qu'elle s'impose à nous tous les jours.

Autrement dit, les faits psychologiques étant interactionnels et basés sur des réalités concrètes, entre autres, aucun d'eux ne s'explique à partir de la seule personne concernée, i.e. de ses qualités ou défauts supposés ou réels, de ses idées bonnes ou mauvaises, et encore moins à   partir de sa seule constitution biologique.
C'est pourquoi aborder les problèmes psychologiques uniquement sous ces angles, est une erreur vis à vis de laquelle les théories systémiques en particulier, apportent un éclairage inestimable.
Tout cela est d'autant plus vrai que les sciences du comportement ne peuvent pas exclure de leurs objets les notions de valeurs qu'ils représentent pour les acteurs (GG Granger),
D'où la multiplicité des références théoriques qui renforce la difficulté de certains choix, tout en témoignant de leur relativité.

Une autre limite tient à la pertinence des discours, cette qualité mettant en jeu à la fois les savoirs et l'éthique des interlocuteurs.
Comme on s'en rend compte dans de nombreuses confrontations, on ne peut pas tenir des discours crédibles sur un sujet important, sans avoir des connaissances étendues et validées sur ce sujet.
Aucun discours ni aucune théorie ne surgissant ex-nihilo, en particulier, aucune d'elles n'est originale ou révolutionnaire à proprement parler.
C'est pourquoi très généralement, les théories se présentant comme telles sont en fait douteuses et inquiétantes.
En tout état de cause, au niveau individuel, il est essentiel d'être dument qualifié pour utiliser certains arguments théoriques dans une confrontation, car sans cela, la porte est ouverte à tous les abus et erreurs. Connaissances partielles, erronées ou fausses, s'immiscent ainsi dans de nombreuses discussions ou confrontations (forums, etc...), avec les innombrables conséquences fâcheuses que l'on sait.
En d'autres termes, plus un sujet est important, plus les confrontations sur ce sujet exigent un haut niveau de qualification et interdisent de faire l'impasse sur la transparence et les exigences en matière de connaissances théoriques, comme cela vient d'être évoqué, l'expérience et les convictions personnelles n'étant pas à elles seules des arguments.

C'est enfin pourquoi, d'une manière générale, plus les sujets abordés sont complexes et importants, plus la responsabilité des interlocuteurs et leurs systèmes de valeurs, en un mot leur éthique est engagée dans une confrontation, que ce soit au niveau personnel ou professionnel - ces deux niveaux étant en grande partie imbriqués.

Françoise Zannier, Docteur en Psychologie

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